L’Education musicale… et alors la flûte ?

Et oui quoi, c’est CA-PI-TAL, la flûte dans le cours d’éducation musicale, question récurrente entre toutes :

  • lors des rencontres parents-profs
  • lors des réunions de familles
  • lorsque tes collègues ne savent pas comment engager la conversation…

Personnellement, je n’ai jamais apprécié la flûte au collège ni en tant qu’élève, ni en tant qu’enseignante. Sans doute parce que je n’ai jamais obtenu de résultats sonores satisfaisants à pratiquer  et à faire pratiquer cet instrument.

Donc non, il n’y a plus de flûte dans beaucoup de cours d’éducation musicale, en ce qui me concerne 2008 a sonné le glas de cet instrument dans mes cours.

Que fait-on alors dans un cours d’éducation musicale ?

Notre enseignement est fondé sur deux activités : l’écoute et le chant. Il s’agit du contenu, qui est articulé par les compétences disciplinaires. Ce contenu constitue le fond, c’est essentiel, mais maîtrisable par le plus grand nombre.

En ce qui concerne la forme, c’est là que les choses deviennent intéressantes. On peut maîtriser les nouveaux programmes sur le bout des doigts, avoir créé sa progression spiralaire de compétences et de contenu, avoir préparé de somptueux documents papier ou numériques (padlet, Learning apps, capsule…) sans jamais parvenir à captiver les élèves, ou au moins à leur donner l’envie d’avancer.

Et c’est bien là que commence le métier de prof. Transmettre l’envie. Donner le plaisir d’apprendre et de découvrir. Rendre autonome et indépendant. Aimer partager et redonner ce que l’on maîtrise.

Que développe-t-on dans un cours d’éducation musicale ?

Un nuage plus qu’un long discours :

Tout cela me direz-vous mais pas que… La notion essentielle à mes yeux est celle de plaisir indissociable de celle du respect (des autres, de soi).

Comment devient-on enseignant ?

Sur le papier en passant un concours de l’Education Nationale. Dans les faits, en se remettant constamment en question et en faisant évoluer sa façon d’enseigner en fonction du public que l’on a face à soi (ou à ses côtés).

Il est fini le temps ou le Prof professait sans être contrarié parce que son statut faisait de lui un être intouchable. Si vous êtes aspirant enseignant et que vous n’êtes pas convaincu par ses lignes, il n’est pas trop tard pour changer de vocation, car le risque sera grand d’être fort déçu…

Notre public est intransigeant, mais sait faire preuve de bienveillance lorsqu’elle est réciproque.

Ne perdons pas de vue que de nos jours, lorsque l’on est lassé par une émission à la télévision, on change de chaîne, d’un site sur internet, on change de page et que les réseaux sociaux et les médias numériques fournissent en temps réel un accès immédiat et souvent ludique à diverses informations.

Le prof est humain et doit être armé pour lutter avec ces divers moyens, car si les élèves ne peuvent pas changer la tête d’un prof, ils peuvent copieusement la farcir et générer ainsi du conflit dans la gestion de classe.

Evolution des pratiques

Je suis retombée il y a peu de temps sur mes premiers cours, ceux de mon année de stage. MDR. Mes scénarios pédagogiques détaillés à un tel point que j’écrivais même mes phrases de transition entre chacune des activités. Mes interrogations écrites, pénibles, inintéressantes, écrites à la main puis photocopiées re-MDR.

Je me souviens aussi de la première fois où il a fallu passer de l’autre côté du bureau. Pas simple.

Bref je suis passée par toutes les dispositions de classe : en autobus, en U, avec table, sans table, en orchestre, avec pupitre, en îlot… Par tous les contenus, du fascicule à la progression toute faite, à mes propres cours, en version cahier à portée, cahier grand format, pas de cahier, classeur, port-folio numérique…

Plus le temps passe, plus je prends de la distance avec le saint statut que j’ai embrassé il y a une vingtaine d’années, plus les choses se déroulent dans le plaisir et le partage. Et enfin, je m’amuse. Parce que oui, on peut enseigner et s’amuser autant que les élèves. (oui mais la musique c’est pas sérieux… c’est pas fondamental, ça compte pas vraiment dans la scolarité… et bien justement si ça fonctionne pour l’éducation musicale, l’effet devrait être décuplé pour les autres disciplines !)

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